• De Amazon à Costco en passant par Whole Foods, la grande distribution en pleine ébullition
22
Jun

De Amazon à Costco en passant par Whole Foods, la grande distribution en pleine ébullition

Ces jours derniers, l’actualité sur la grande distribution est plus que riche, entre rachat de Whole Foods par Amazon à hauteur de 12.3 milliards d’euros et ouverture à Villebon-sur-Yvette du 1er club-entrepôt Costco. Toutes trois nées Outre-Atlantique, ces enseignes incarnent chacune, l’une des dynamiques de fond qui viennent bouleverser la grande distrib’, à l’heure où les consommateurs ont mûri et réalisent leurs choix en citoyens avertis, notamment pour l‘alimentaire.

Le modèle Costco incarne un système où le prix est l’élément discriminant du choix. Costco possède un réseau physique d’hypermarchés, auxquels on accède en souscrivant à une carte de membre – 36€ annuels pour la France. A l’intérieur du magasin, pas de rayon, mais de simple palettes posées sur le sol, le tout sous le signe de la quantité. Chez Costco, on achète : des bidons de ketchup et de mayonnaise pour l’année, des blisters de biftecks pour un mois et des barils de lessive permettant de tenir au moins le trimestre. De temps à autre, il est également possible de repartir avec une montre Cartier ou des solaires Ray-Ban deux fois moins chères que chez l’opticien. Costco ne propose pas uniquement de l’alimentaire, mais fort de sa puissance de frappe sur les quantités, l’enseigne est in fine leader en volume vendus sur le bio. A peine un jour après son lancement en France, on compte déjà 16 000 adhérents. Un succès aux Etats-Unis qui semble pouvoir trouver dans l’Hexagone sa clientèle.

Autre philosophie et autre public du côté de Whole Foods, la chaîne de grande distribution qui propose à une clientèle plutôt urbaine et CSP+ des produits naturels et bio. Une offre qui répond à une attente forte, qui se répand quelle que soit la taille du porte-monnaie des consommateurs. Le Food Brand Trust, étude réalisée par Ipsos en partenariat avec Prisma Media, Mondadori et Lagardère, présentée le 20 juin dernier, montre en effet le poids de plus en plus important des critère « bio » (+2.5 points en 2 ans) ou « équitable » (+1.5 point) comme élément de choix montant des produits alimentaires, face au prix (-5 points en 2 ans) ou à la marque (-3 points) notamment. Rachetée par Amazon la semaine dernière, l’enseigne incarne le joker « bio » du pure-player récemment lancé sur le marché de l’alimentaire.

Dernier modèle pour l’alimentaire, celui du e-commerce, représenté par Amazon. Le pure-player taille XL s’est attaqué depuis septembre 2015 au secteur de l’alimentation après avoir investi successivement celui de la librairie, de l’électroménager et de l’habillement. Synonyme de « accessible », Amazon propose des centaines de milliers de références à des prix battant toute concurrence et livre partout dans le monde dans des délais de plus en plus serrés. En mars 2016, l’arrivée du service Prime Now à Paris puis de Amazon Fresh, avait donné des sueurs froides aux acteurs de la grande distribution française : Amazon amorçait son entrée sur le marché du frais et de l’ultra-frais, grâce à des livraisons en moins d’une heure.

La grande distribution a déjà largement amorcé sa mue, proposant depuis une vingtaine d’années des MDD bio et plus récemment, ses services de click & collect ou de courses en ligne. Une nouvelle ère, particulièrement agressive semble s’ouvrir aujourd’hui entre les prix cassés du n°2 mondial de la distribution (classement annuel Deloitte de la distribution) Costco et l’entrée fracassante de Amazon sur le bio et le réseau physique de magasin.

Aurore.B

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