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Entrée dans la nouvelle ère de la diffusion sportive avec Amazon Prime, l’autre vainqueur de Roland-Garros ?

Alors que le mois de juin était attendu de tous les fans de tennis pour le début de Roland-Garros, cette année la compétition n’est pas arrivée sans son lot de surprises. En effet, Amazon Prime a obtenu les droits de diffusion de plusieurs matchs de la compétition jusqu’en 2023 ; pour la première fois, les aficionados de tennis devront payer pour visionner ces matchs.

Cette obtention de droit n’est pas anodine ; c’est en effet la première fois qu’une plateforme de streaming co-diffuse un événement majeur du paysage sportif français. Qu’arrive-t-il à notre beau pays ? L’essor des plateformes SVoD dans la diffusion de compétitions sportives prend les atours d’un événement dans l’événement. Une preuve des mutations intervenant dans le paysage audiovisuel français à l’ère du numérique.

D’après l’étude Bearing Point, les foyers français souscrivent en moyenne à deux types d’abonnements (par exemple SVoD et streaming musical ou streaming musical et abonnement presse…). La SVoD domine ce marché puisque 51% de ces foyers déclarent être abonnés à au moins un service de SVoD. La SVoD s’installe donc dans les usages et dans les foyers français ; c’est un succès qui s’explique par la facilité à regarder une plus grande variété de programmes en streaming mais également par l’acquisition de programmes coups de cœur comme Roland-Garros.

Ce premier raid opéré par le géant dans le sport français est stratégique : l’enjeu consiste à remplir les tribunes virtuelles de Roland-Garros afin d’affirmer son assise et remporter les appels d’offre d’autres compétitions nationales françaises. Ce premier lancement a des allures de test mais également de grand chamboule-tout avec la campagne publicitaire en double page dans l’Equipe, en OOH dans Paris mais aussi sur Twitter…

Tout cela démontre bien que la télévision n’est plus la chasse gardée des chaînes publiques et privées. Les plateformes sont bel et bien entrées dans leur pré-carré. Se dirige-t-on vers de nouveaux types de diffusion ? Peut-être un peu plus hybrides ? Ou sommes-nous les premiers témoins d’une complète privatisation du paysage audiovisuel sportif français ?

Source : Etude Bearing Point menée par Ipsos entre le 26 novembre et le 14 décembre 2020 auprès d’un échantillon de 2 128 décisionnaires pour la souscription d’une offre d’abonnement streaming dans le foyer et disposant d’au moins une offre dans le foyer. L’analyse terrain a été élaborée par OpinionWay sur la base d’un échantillon national représentatif (2 965 Français de 18 ans et plus).

DC