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Media : Euro 2020, l’addition s’il vous plait !

Après la défaite des bleus, la France a le blues. Et les médias ? Ont-ils aussi le spleen ?  Mais surtout, rentreront-ils dans leurs investissements malgré des scores d’audience records comme celui de lundi en 8ème de finale contre la Suisse sur TF1 ?

Récemment, nous mis le doigts sur les déboires économiques du football français, obligé de revoir très nettement à la baisse la vente de ses droits TV, après avoir fait confiance à un acheteur peu scrupuleux bien moins solvable qu’annoncé.

Et puis, les compétitions domestiques ont laissé place, comme tous les deux ans chaque été, aux tournois internationaux. Sportivement parlant, cela ne s’est clairement pas déroulé comme prévu. Piteusement sortis de la compétition dès les 1/8ème de finale par une modeste mais vaillante sélection helvète, la défaite sportive des Bleus devrait avoir des impacts économiques négatifs pour les diffuseurs français.

Pour rappel, BeIn Sports détient le droit de diffuser l’intégralité de la compétition (51 matchs) pour la somme de 38M€ contre 60M€ en 2016. De leur côté, TF1 et M6 ont conjointement acheté 23 matchs pour 50M€ avec une répartition équitable (25M€ + 25M€). Pour mémoire, en 2016, M6 avait déjà réglé le même montant tandis que TF1 versait 38M€ à l’UEFA.

Côté recettes publicitaires nettes, TF1 avait empoché 33M€ et M6 23M€. En comptant les frais de production, les pertes nettes de ces deux chaînes s’élevaient ainsi respectivement à -12M€ et -8M€ (total des frais – recettes publicitaires). Mais en 2016, l’Equipe de France avait joué 7 matchs en s’inclinant face au Portugal en finale.

Avec les Bleus sortis prématurément de ce Championnat d’Europe, on peut légitimement s’interroger sur le montant des pertes sèches engendrées par la vente d’emplacements publicitaires largement revue à la baisse. En effet, la France ne vit pas à l’heure du football comme l’Angleterre, l’Italie ou l’Allemagne. Les audiences se retrouveront inévitablement touchées par un produit désormais moins intéressant pour un Français lambda, ne s’intéressant qu’une fois tous les deux ans aux matchs de son pays.

Si les pertes de TF1 et M6 en 2016 paraissent supportables au regard de l’image de marque logiquement renforcée par la diffusion d’une compétition sportive majeure et la possibilité de communiquer sur les programmes de la chaîne au moment de la compétition, celles qui vont découler de l’Euro 2021 seront probablement bien supérieures.

Le mois dernier, Publicis estimait autour de 35/40M€ les recettes publicitaires de TF1 et M6, dans le cas où l’EDF arriverait en demi-finale. Nous savons que ce ne sera pas le cas. Celles-ci pourraient donc être divisées au moins par deux, même si les estimations demeurent difficiles à ce stade.

Mais, dans le futur, et, notamment dès l’année prochaine avec la Coupe du Monde 2022 au Qatar, on peut se demander si de tels investissements seront encore de mise quand on sait qu’ils se fondent particulièrement sur le parcours d’une équipe, et que celle-ci, même favorite, est bien souvent confrontée au poids de l’incertitude du sport.

LC