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Pilule bleue ou pilule rouge ? Mark Zuckerberg fera le choix pour vous.

L’entrée dans le multivers tel l’univers virtuel parallèle de Matrix n’est selon le PDG de Facebook qu’une question de temps.

Pilule bleue ou pilule rouge ? Telle était la question quasi-shakespearienne de Morpheus dans Matrix des frères Wachowski, sorti en 1999. Une pilule bleue pour rester au pays des rêves, c’est-à-dire dans cette simulation informatique où sont enfermés tous les humains, ou bien prendre la pilule rouge et enfin s’éveiller dans le monde réel… Si le sujet du métavers prend forme dans l’imaginaire de certains écrivains dès le début des années 90 avec Le Samouraï virtuel de Neal Stephenson, il revient en force aujourd’hui dans l’actualité avec les annonces faîtes par un certain Marck Zuckerberg, qui en fait l’avenir de sa société, et du monde connecté… Car s’il y en a un qui est déterminé à nous faire avaler la pilule bleue, c’est bien lui.

Revenons sommairement au concept même de métavers. Imaginez un univers virtuel, dans lequel vous êtes immergé par le biais d’un casque de réalité virtuelle, de lunettes augmentées ou autres… Votre apparence est sous votre contrôle, vous décidez de la manière dont vous vous présentez dans ce monde à travers un avatar. Toutes les interactions du monde réel sont ici possibles, et bien davantage. Achetez donc un bout de terrain pour construire une splendide propriété avec une cryptomonnaie, ou bien investissez dans de l’art digital en achetant des œuvres avec leur NFT (Non Fungible Token), voire même dans les voitures, Alpine préparant une des premières hypercars destinées au métavers. Un des premiers mondes virtuels, decentraland, propose déjà tous ces types de services au travers de la vie parallèle qu’il offre. Ce monde vit au rythme des événements qu’il propose, comme dernièrement un festival de musique incluant de célèbres artistes de la scène électro et pop (tels que DeadMau5 ou Paris Hilton). À quoi bon se déplacer, si je peux mettre mon casque VR et passer un moment avec des amis lointains, assister à un concert avec une foule venant du monde entier, bref, faire davantage que ce que je peux faire dans le monde réel ?

C’est en tout cas de cette manière-là que le PDG de Facebook décrit cet univers et les possibilités multiples qui en découlent. Il le considère comme étant la prochaine étape de nos relations sociales digitales, pour leur donner cette sensation de présence (selon ses propres mots), une ambition que les réseaux sociaux n’ont pas réussi à atteindre. Peut-être que ces milliardaires de la tech devraient sortir un peu plus dans ce monde post-covid pour découvrir (ou redécouvrir) une réelle présence parmi d’autres, et pas seulement la recherche d’une sensation de présence… Mais je m’égare, car au-delà de l’utopie virtuelle voulu par Mr. Zuckerberg et consorts, c’est un véritable nouveau marché qui va s’ouvrir. De là, viennent les annonces de ces derniers jours, comme celle d’investir plus de 10 milliards de dollars dans des technologies touchant au métavers, et la création de 10 000 emplois en Europe, afin de saisir au plus vite les opportunités et les débouchés d’un métavers. Et même s’il conçoit que ces investissements sont orientés sur le long terme et n’auront pas de retombées avant quelques années, sa confiance est inébranlable car : « le métaverse sera le successeur de l’Internet mobile. Il débloquera une nouvelle économie créative probablement plus lucrative que celle qui existe aujourd’hui ».

Cependant, le chemin vers ces métavers est progressif. Ce n’est pas du jour au lendemain que nous nous retrouverons dans un univers tel que celui de Ready Player One de Steven Spielberg. Si l’on en croit l’essayiste Mathew Ball, il décrit le métavers comme un processus qui va se développer au travers de différents produits et services. En s’accumulant, ces derniers construiront, brique par brique, un véritable univers virtuel parallèle. Cela peut se concevoir en d’autres mots par le passage aux technologies AR, de réalité augmentée qui se superposent au réel, et aux technologies VR, qui elles nous transportent dans un monde absolument virtuel. Ainsi, ce processus progressif viendrait lentement, mais sûrement changer nos habitudes de consommation digitale, et ouvrir ainsi la porte à de nouveaux horizons sociaux, culturels et bien sûr, économiques.

Le métavers apparaît donc comme la prochaine grande révolution numérique. Et si les habitants de la Silicon Valley y perçoivent la prochaine oasis digitale, la plupart des experts de ce sujet ont utilisé la forme de la dystopie. Allez savoir pourquoi, au lieu de deux mondes cohabitant ensemble, l’un semble toujours prendre le pas au détriment de l’autre… Se terrer dans un monde virtuel n’est en effet peut-être pas la meilleure solution pour faire face aux nombreux défis bien réels et tangibles auxquels nous faisons face aujourd’hui. Il n’empêche que le métavers reste un outil aux opportunités et aux débouchés multiples qui ne dépendent finalement que de l’imagination et de l’utilisation des utilisateurs et des développeurs… Ainsi, si l’on conçoit le métavers comme une véritable société digitale, celle-ci ne s’apparente qu’au reflet de ses nombreux utilisateurs et architectes. Son destin, si tant est qu’il puisse exister, repose ainsi désormais sur nos épaules.

TB

Sources :
https://www.ft.com/content/a2b52296-ddeb-4beb-a286-020e349e0fe8
https://www.ft.com/content/bcac6b61-7b11-4469-99b7-c125311fa34d
https://www.nytimes.com/2021/07/10/style/metaverse-virtual-worlds.html

https://www.ft.com/content/404aae03-6b74-4270-a3f0-1a0106e02852
https://siecledigital.fr/2021/10/26/facebook-metaverse-dollars-2021/
https://fr.motor1.com/news/543258/alpine-hypercar-modele-metaverse/