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05
Oct

La TV française a-t-elle encore des progrès à faire en termes de diversité à l’écran ?

Comme chaque année depuis 10 ans, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a dévoilé son Baromètre de la diversité de la société française à l’antenne. Dans le détail, ce sont quasiment 40 000 personnes apparues dans près de 1 500 heures de programmes de tout type qui ont été analysées en mars et septembre 2019. Le panel des chaînes étudiées regroupe 17 chaînes de la TNT (dont les historiques).

Les résultats qui en ressortent ne semblent pas aller dans le sens souhaité par le CSA. En effet, une part de la société française resterait largement sous-représentée à la télévision. Plus précisément, ce sont les femmes, les personnes de couleur et les individus handicapés qui souffriraient le plus de cette inégalité de présence à l’antenne. Un constat qui n’est pas sans rappeler la phrase de la Présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, qui déclarait en septembre 2015, à l’orée de son premier mandat : « On a une télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans et ça, il va falloir que ça change ».

Les personnes dites « non blanches » ne constitueraient que 15% des individus apparaissant à la télévision, soit une perte de 2 points en un an et un retour au niveau de 2014. En revanche, la part de ces individus jouant des rôles dits « positifs » est en hausse, à 21%, soit un gain de 3 points en un an. Les femmes forment 52% de la population totale française mais ne seraient que 38% à l’antenne. Cela varie nettement en fonction du type de programmes : elles ne sont que 15% dans les émissions sportives alors que, dans le même temps, elles campent 51% des rôles principaux de fiction.

Pour le cas des personnes handicapées, qui représentent 1 individu sur 5, elles apparaissent comme largement négligées puisqu’elles atteignent moins d’un pourcent de présence. Même constat pour la représentativité des populations outremarines (0,7% de présence), alors qu’elles rassemblent plus de 3% de la société française.

D’après le CSA, la télévision française aurait également pris l’habitude de montrer les catégories supérieures (CSP+) davantage qu’elles ne le sont réellement (73% de présence à l’antenne contre 23% dans la réalité). Au contraire, les CSP- sont, elles, moins représentées (12% contre 27% actuellement en France), tout comme les inactifs (15% pour 45% dans la vraie vie). Quant aux banlieues, elles aussi sont sous-représentées, leurs habitants n’occupant que 7% de l’espace télévisuel français alors qu’ils sont plus d’un quart de la population française (27%).

Enfin, les jeunes et les personnes âgées sont tout aussi oubliés. Les plus de 65 ans sont 21% en France, mais n’apparaissent qu’à hauteur de 6% tandis que les jeunes de moins de 20 ans subissent le même traitement, représentant un peu moins d’un quart de la population et dotés de seulement 11% de présence à l’antenne.

Pour parer à ces résultats moyens, France Télévisions souhaite toujours atteindre un taux de 30% de réalisatrices de fiction à fin 2021. Le CSA a par ailleurs rappelé que « la représentation de cette diversité n’est pas une oeuvre de charité, c’est un devoir moral, politique et social ».

LC