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17
Dec

Le « modèle Youtube » en plein bouleversement ?

Et si je vous disais que regarder des films gratuitement, en toute légalité, devrait être possible sous peu ? Resteriez-vous fidèles à votre très cher Netflix ou votre Amazon Prime Video qui vous ont aidé à passer l’hiver bien au chaud sous votre plaid, votre thé à la main ?

Youtube, futur nouveau rival de Netflix et autres plateformes de SVoD ?

Vous ne l’avez probablement pas remarqué puisque l’initiative a pris place sur le territoire américain mais depuis le mois d’octobre dernier, Youtube a commencé à proposer au visionnage plusieurs films gratuits sur sa plateforme, en toute discrétion, comme Terminator ou 4 Mariages et un enterrement. De vieux films pour le moment mais l’objectif à long terme est simple : le géant américain de la vidéo en ligne souhaite détrôner Netflix en bouleversant son modèle économique. Il propose, pour ce faire, plusieurs films accessibles gratuitement pour l’internaute, en contrepartie de différentes publicités qui ne pourront être « skippées* ». A noter que cette initiative ne semble pas affecter l’abonnement premium de Youtube qui promet des vidéos sans publicité. Quoi qu’il en soit, le seul obstacle qui semble se poser à Youtube serait l’accord de diffusion des films pour chaque pays.

Mais Youtube ne compte pas s’arrêter là

En plus de tenter de rivaliser avec les géants de la SVoD, Youtube a également entrepris depuis une annonce officielle le 21 novembre sur le blog de Google, de proposer à l’internaute de visionner deux publicités en pre-roll avant la vidéo désirée qui pourraient être « skippées », plutôt que d’être interrompu durant son visionnage par une publicité (mid-roll). Cette initiative vise à améliorer le confort de l’utilisateur dont les habitudes de visionnage évoluent depuis plusieurs années (les chiffres auraient été doublés par dix en trois ans !), et répond à une étude réalisée avec les données de Youtube à jour du mois d’octobre 2018, démontrant que moins les interruptions seraient nombreuses, moins il y aurait d’abandons en cours de visionnage. Le plus pour les annonceurs ? Selon Brand Life Metrics qui a mené l’étude, le taux de visualisation des publicités serait plus élevé et la fréquence d’affichage serait à la hausse de 5 à 10%. Ce changement devrait prendre place d’ici la fin de l’année, dans un premier temps sur ordinateur puis sur téléphone mobile, et ne devrait finalement réduire les interruptions mid-roll que de 40%, de quoi laisser perplexes certains internautes.

“In the face of these burgeoning user trends—as well as the next wave, and the next—we’ll continue working to build the ideal video viewing experience, and keep thinking up ways to deliver value for our advertiser partners.”
(« Face à ces tendances en pleine croissance des utilisateurs – aussi bien qu’à la prochaine vague, et la suivante – nous continuerons de travailler sur l’expérience idéale de visionnage de contenu audiovisuel, et réfléchir à différentes façons d’apporter une valeur ajoutée aux annonceurs partenaires. »)


“This new experience, launching on desktop this year then followed by mobile and TV screens, aims to accommodate viewer preferences while continuing to help advertisers connect with their most important audiences.”
(« Cette nouvelle expérience, lancée sur ordinateur cette année suivi du téléphone mobile et de la télévision, vise à s’adapter aux préférences de l’utilisateur tout en continuant à aider les annonceurs à se connecter avec leurs audiences les plus significatives. »)

Deux modèles aux antipodes

Ce qui est certain, c’est qu’une fois lancé dans un modèle, il est difficile de s’en sortir. Netflix en a d’ailleurs fait les frais l’été dernier, lors de l’un de ses nombreux tests visant à améliorer son interface. La plateforme a effectué un test sur un panel restreint d’Américains qui a immédiatement fait réagir ses abonnés, et ce de façon virulente sur les réseaux sociaux. Qu’a fait Netflix ? La plateforme a « osé » la publicité entre deux épisodes d’une même série. De nombreux internautes ont menacé de se désabonner jusqu’au territoire français, clamant qu’un prix aussi élevé à l’abonnement impliquait une qualité de service adéquate. En réalité, selon le PDG qui a ressenti le besoin de se justifier, il ne s’agissait que d’une simple « autopromotion ».

Ce dernier se retrouve comme « coincé » dans son modèle puisqu’opter pour la publicité lui ferait perdre ses fidèles et baisser le coût de l’abonnement ferait baisser ses recettes en partie dédiées à la création de contenus originaux. Cela n’empêche pas la plateforme d’inspirer à travers le monde et de donner naissance à de nombreux concurrents. Prenons par exemple Disney+ attendue pour la fin 2019 qui prévoit de rassembler toutes les créations Disney qui étaient présentes jusqu’en 2017 sur Netflix, ainsi que les nouvelles productions Lucasfilm et les longs-métrages Marvel Cinematic Universe qui, pour le moment, sont à Netflix jusqu’en 2020. Mais alors, coincé dans son modèle, acculé par la concurrence florissante et avec un catalogue amoindri au fil des mois, Netflix va-t-il perdurer ?

Quand les chaînes françaises se rebellent…

Et face à cette bataille américaine qui se joue jusqu’à chez nous, les chaînes françaises commencent à tirer la sonnette d’alarme. Rappelez-vous, en juin dernier était annoncée l’arrivée d’une plateforme française de streaming payante co-créée par France Télévisions, TF1 et M6 (Salto), afin de repousser l’envahisseur américain, tandis que Canal+ prévoit également de son côté une offre de vidéo à la demande axée séries pour 2019, et ce à un prix accessible. Rappelez-vous également, en septembre dernier, Delphine Ernotte la PDG de France Télévisions s’attaquait à Netflix, martelant qu’aucune série produite par le groupe ne serait disponible sur la plateforme à l’avenir. Le festival Médias en Seine a lui aussi été l’occasion pour les chaînes, notamment TF1, de proférer quelques attaques à l’égard de Netflix.

Youtube n’est pas en reste puisque le lendemain de l’annonce concernant les films en accès libre sur la plateforme, c’est à une responsable de celle-ci que la dirigeante de France Télévisions s’en est prise en présence de la totalité des dirigeants des grandes chaînes nationales, affirmant un manque de partage des revenus, entre autres. Une fois encore, lors du festival Médias en Seine, un représentant de M6 a évoqué un « cambriolage dans la publicité adressée » soulignant que sur Internet elle est possible, et non à la télévision. Conséquence ? Les chaînes françaises appellent au boycott en ne proposant plus leurs œuvres sur Youtube. Reste donc à savoir quel impact aura la réforme de l’audiovisuel en 2019 sur cette concurrence jugée déloyale par les chaînes françaises.

* « Passer » une vidéo, et avoir accès directement au film.

CA