Actu

Découvrez toute l’actualité de l’agence My Media mais aussi de nos métiers : Achat media, Publicité, Business, Campagnes, Opérations spéciales et Digital !

  • Actu
  • Les réseaux sociaux : le mal du tourisme ?
19
Jul

Les réseaux sociaux : le mal du tourisme ?

En 2017, 9 Français sur 10 seraient partis en vacances selon l’agence We Like Travel et son « Etude Social Media des destinations touristiques françaises » publiée fin 2018. A l’heure où le taux de possession d’un smartphone est en hausse et où les réseaux sociaux s’ancrent de plus en plus dans les usages (environ 33 millions de Français sont actifs sur Facebook chaque mois, par exemple), comment le tourisme s’adapte-t-il à cette tendance ?

Les réseaux sociaux : une quasi nécessité pour le tourisme

Sur les 562 destinations françaises étudiées du 1er septembre 2017 au 31 août 2018 pour cette même étude, toutes animent un compte Facebook, 449 un compte Instagram et 386 un compte Twitter, soit environ 70% du panel. Ce dernier serait plus utilisé à des fins BtoB, institutionnelles ou pour récolter des avis, tandis que Facebook et Instagram seraient plus destinés à faire découvrir les destinations aux (futurs) voyageurs et échanger avec un réseau. C’est Instagram qui recueille le taux d’engagement le plus élevé (8,7%, soit 5 fois plus que Facebook), car il permet une mise en valeur plus optimale de la destination et offre aux professionnels du tourisme la possibilité de communiquer par le biais de stories, dont les plus jeunes sont particulièrement friands. L’importante présence en augmentation de ces destinations sur les réseaux sociaux traduit une modernisation du secteur qui cherche à atteindre une cible plus jeune, notamment celle des millenials. Ils seraient en effet un individu sur deux à être influencés par les réseaux sociaux pour choisir leur lieu de vacances.

Les réseaux sociaux s’inscrivent dorénavant dans toutes les étapes du voyage. D’après une étude réalisée par Next Content pour Expedia en 2018 auprès de 1 480 voyageurs réguliers français, ils permettraient de choisir une destination, choisir les activités sur place ou encore l’hébergement, avoir accès à des retours d’expériences et bons plans, communiquer et poster des photos souvenirs à destination du réseau. En effet, 23% des voyageurs connectés reconnaissent avoir été influencés par leurs lectures sur les réseaux sociaux, 25% vis-à-vis des activités à faire sur place et jusqu’à 29% pour l’hébergement. Ces chiffres sont encore plus élevés pour les 18-24 ans dont 48% affirment être influencés par les réseaux sociaux pour le choix de destination. Ce sont également eux qui sollicitent le plus leurs contacts pour demander des conseils (49%) – pour seulement 19% chez les plus de 65 ans -, et qui modifient leur voyage suite à des échanges sur les réseaux sociaux (43% contre 11% chez les plus de 65 ans). Une fois les vacances débutées, les réseaux sociaux ne sont pour autant pas délaissés, avec 86% des Français qui emportent leur smartphone et 40% d’entre eux qui consultent Internet quasiment tous les jours. Ils sont alors 60% à publier des photos depuis leur lieu de vacances sur Facebook, puis 24% sur Instagram et Snapchat, et enfin 12% sur Twitter. Toutefois, la consommation de ces réseaux sociaux n’est pas égale selon les tranches d’âges : Snapchat et Instagram sont préférés par les 18-24 ans (55% et 40%) mais performent moins que Facebook auprès des plus âgés. Enfin, au retour de vacances, les internautes de tout âge sont 67% à publier leurs photos sur Facebook. Une fois encore, Instagram et Snapchat se démarquent auprès des 18-24 ans avec respectivement 43% et 38% d’entre eux qui postent leurs photos.

Les réseaux sociaux, c’est donc une étape qui devient de plus en plus nécessaire pour les professionnels du tourisme, pour capter les individus les plus jeunes mais aussi s’adapter aux usages changeants, où le smartphone et le digital prennent une part de plus en plus importante.

Les réseaux sociaux, responsables des effets néfastes du tourisme ?

Pourtant, certains réseaux sociaux comme Instagram notamment, se voient de plus en plus blâmés au regard de l’effet néfaste qu’ils auraient sur l’environnement et la vie locale. Selon une étude menée par l’institut de recherche One Poll pour le compte d’Edreams Odigeo et dévoilée en avril 2019, 42% des voyageurs français réserveraient leur séjour en prenant en compte le potentiel « instagrammable » de la destination. Même si la France demeure loin derrière des pays comme l’Italie, l’Espagne ou les Etats-Unis, ce sont malgré tout 59% des millenials français qui adoptent cette pratique. Quant aux guides de voyage, conseils sur la toile et sites spécialisés, les voyageurs français sont seulement 17,5% à s’y fier. Enfin, ils ne sont que 8,2% à prendre en compte les avis des influenceurs.

Avec 17 millions d’utilisateurs actifs en France chaque mois, Instagram est donc prisé les marques et professionnels du tourisme qui voient en ce réseau social un levier pour toucher une cible plus jeune. Une simple photo, si elle est publiée par un individu au nombre important de followers, peut désormais attirer des milliers de touristes dans un lieu précis. Ce tourisme de masse peut avoir de lourdes conséquences sur l’environnement, comme c’est le cas actuellement à Lake Elsinor, en Californie, réputée pour son champ de coquelicots ou le village d’Oia à Santorin où les réserves d’eau potable se voient affectées par la trop grande affluence. Les habitants se voient également dérangés, comme Rue Crémieux à Paris, connue pour ses façades colorées.

Est souvent associé à cette tendance le terme « égo-tourisme » désignant le fait de voyager en priorisant les photos, par exemple, afin de montrer aux autres que « on y était ». Certains sont mêmes prêts à tout pour alimenter leur feed Instagram de ces clichés jugés parfaits, comme récemment un touriste saoudien, qui s’est noyé dans le Nil en voulant prendre un selfie. Pour autant, les réseaux sociaux sont-ils les seuls responsables ? Rappelons que le film « La Plage » avec Leonardo DiCaprio a provoqué un afflux conséquent de touristes en Thaïlande dont la plage, dégradée, est désormais fermée au public jusqu’en 2021. De même, certains lieux comme la Muraille de Chine ou encore le Machu Picchu se voyaient déjà abîmés par le tourisme de masse bien avant l’essor que l’on connaît des réseaux sociaux.

C’est donc l’utilisation parfois à la dérive qui pourrait être à blâmer. A l’instar de l’ONG WWF, peut-être faudrait-il sensibiliser les utilisateurs ? Celle-ci lance en effet une campagne cet été visant à lutter contre le tourisme de masse pour protéger l’environnement, via un système de localisation fictive. Plutôt que d’indiquer le lieu géolocalisé au-dessus de la photo, les utilisateurs peuvent désormais inscrire « I protect nature », renvoyant au siège de l’ONG en France, les lieux précis restant ainsi cachés.

CA